Le temps et la thérapie

Au cours de chaque accompagnement, le patient s’interroge, tôt ou tard sur sa vision et sa gestion vis à vis du temps. En effet, le patient souhaite soit revenir en arrière et revivre le passé pour le modifier, soit connaître l’avenir pour anticiper les événements.

 

Dans ce cadre, le temps est un élément central dans une thérapie. Accompagner un patient dans son appropriation d’un présent « ici et maintenant » est un enjeu déterminant dans de nombreuses thérapies.

 

Nombre de patients sont orientés sur leur passé, c'est-à-dire sur un ou des événements vécus ; ceux-ci sont devenus le centre de toute leur attention, de leur malaise présent et d’une importante frustration. Par essence, un élément passé ne peut pas être modifié, ni revécu, si ce n’est par la mémoire. Ceci pose plusieurs problèmes :

▪ la mémoire n’étant pas parfaite et soumise à l’altération du temps, l’événement peut souffrir d’une importante modification, amplifiée par le ressentiment et la subjectivité du patient. En résumé, l’événement est souvent perçu plus négativement qu’il n’a été vécu, et/ou seuls certains éléments sont conservés et d’autres « oubliés ».

▪ une focalisation excessive sur un événement ou sur une partie de celui-ci peut entraîner une déformation de la réalité présente : perte d’intérêt, démotivation, manque d’attention pour tout ou partie de ce qui est vécu…

 

Tout ceci peut se résumer dans ce que nous appelons le syndrome du « et si » :

« Et si je n’avais pas dit ceci, alors cela ne serait pas arrivé ».

 

A l’inverse, des patients sont orientés sur l’avenir, au travers de ce qui pourrait potentiellement se passer (de mauvais, la plupart du temps). Ainsi, chaque choix est évalué à partir de ce qu’il va engendrer, en refusant en bloc la notion d’incertitude qui y est liée.

 

En effet, chaque décision prise, quelqu’elle soit, implique par essence de ne pas pouvoir en maîtriser tous les éléments.

 

De plus, ne percevoir que les aspects négatifs de ce qui pourrait arriver en favorise l’apparition : ce concept, nommé prophétie auto-réalisatrice, engendre chez le patient le comportement propice à la réalisation de ce qu’il souhaite à tout prix éviter.

 

Concrètement, une personne qui ne va envisager que l’échec à un examen va mettre en place tous les éléments qui y contribueront.

 

En résumé, une fixation excessive dans le passé ou un refus d’admettre l’incertitude liée à l’avenir engendrent un présent « ici et maintenant » mal vécu :

▪ soit il est une source de frustration car il est le résultat d’un passé insatisfaisant mais ne pouvant pas être modifié.

▪ soit le présent est stressant, voire angoissant, car chaque chose vécue peut entraîner une erreur ou un « drame ».

 

 

Ce qui se cache derrière ces deux éléments est la notion de contrôle : contrôler chaque élément de sa vie pour garder le dessus sur chaque conséquence et ainsi ne rien vivre qui soit perçu comme déplaisant. L’acceptation que le contrôle de sa vie ne puisse pas être total est le point de départ de la thérapie, tant pour ne plus mal vivre le passé que pour ne pas craindre l’avenir.

 

L'hypnose peut permettre d'apprendre à lâcher prise, à accepter l'incertitude qui existe dès qu'on prend une décision, quelle qu'elle soit. Cela permet de diminuer la pression qui peut exister pour chaque décision du quotidien. 

 

L'hypnose peut également permettre de faire le deuil de certaines décisions et d'accepter les conséquences qui en ont découlé, pour mieux vivre son présent et utiliser son énergie à trouver des solutions plutôt qu'à ressasser.  

 

Comment l'hypnose peut permettre cela? Cette technique mobilise les émotions, les exacerbe, les rend contrôlable... ou juste permet de changer son point de vue sur l'évènement en question.  Le plus difficile au final est d'accepter de se confronter à ses émotions parfois enfouies, c'est le point le plus complexe de la thérapie: choisir le bon moment, être dans le bon timing, le bon moment. Encore une question de temps!!

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